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Voici la traduction des articles, extraits des compte-rendus des visites avec i-ACT.

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Posted by Gerard on August 8th, 2008

La journée a commencé à la périphérie du camp dans la zone C où de nombreuses habitations ont été avalées par le sable. Traditionnellement, les populations du Nord du tchad construisent des maisons en pisé, et de ce fait, lorsqu’ils sont arrivés ici, et comme il n’y avait pas assez de tentes et de bâches, les réfugiés ont commencé à utiliser du sable et de l’eau de lavage recyclée pour construire des murs de sable. malheureusement, après un an ou deux, avec le vent et la pluie, les côtés des structures se désagrègent et le sable retourne au désert.

Les enfants ont rapidement entouré Mia alors qu’elle marchait dans les dunes en chantant “You are my sunshine” et “The Ants Going Marching”, que les enfants ont adoré, d’autant qu’ils défilaient aux côtés de Mia en lui tenant les deux mains.

Alors que nous nous dirigions vers l’école, Makka nous a invités dans sa maison et nous a parlé de ses problèmes de bâches. Son habitation avait trois couches de toît, toutes âbimées.  la première était une toile de tente qu’elle avait reçue à son arrivée ici il y a 4 ans. Ensuite elle a tenté d’utiliser les couvertures rèches, dures et qui grattent qu’elle a reçues au camp, puis finalement une bâche plastique recouvrant le tout.
Cette bâche s’est aussi détériorée du fait des difficiles conditions d’ici. Les ONG internationales ne refusent pas de fournir plus de matériel à leurs amis des camps, mais il se trouve qu’il n’y a pas d’argent pour le HCR, le WFP et les autres agences impliquées.  Eux aussi voudraient faire  plus pour les réfugiés.

L’histoire de Makka ressemble à celle de nombreux réfugiés vivant dans le camp. Son mari a été tué dans le village d’où elle s’est enfuie. De même que sa fille et le mari de celle-ci.  Les Janjaweed ont tué toute sa famille, sauf ses quatre petits-enfants, dont elle est seule à pouvoir s’occuper.  2 de ses filles et 2 qu’elle a recueillis et qu’elle a fait siens. Ses rations mensuelles de nourriture ne font pas le mois et de plus, il n’y a pas de légumes ni de viande. Ce mois-ci est le premier depuis plusieurs mois où ils vont recevoir du sel.

Makka et plusieurs autres femmes se rassemblent pour nous dire au revoir.  Elles se trouvent très près du bord des terres où les autres habitations ont été englouties par le sable.  Je me demande combien de temps elles pourront encore rester ici avant de devoir partir et reconstruire leur habitation dans une autre partie du camp et recommencer tout à nouveau.

Alors que que le soleil d’après-midi brûle, Mia passe un moment à discuter avec Mohamed, l’homme qui a souligné les quatre demandes des habitants du Darfour pour le futur du pays. Cette fois il parle également de l’importance du développement au Darfour, écoles, cliniques, etc. et de l’aide pour rebâtir leurs villages.  Nous visitons brièvement la clinique où nous discutons avec la sage-femme en chef, Zahara.  Sept jours sur sept elle aide à accoucher au moins 6 bébés par jour.

Pour terminer notre journée, nous jouons avec les enfants pendant quelques instants.  Ils aiment beaucoup la caméra.  Ils font basculer l’écran LCD pour pouvoir se voir et ils rient en se cachant derrière des soeurs ou des frères.  Leurs sourires seront toujours présents pour toute l’équipe.

Posted by Gerard on August 8th, 2008

“L’HUMANITE avant la Politique. Pourquoi devrions-nous accorder aux leaders politiques une voix plus importante qu’à Maha? Maha pense que les êtres humains passent avant la politique et que cela devrait être notre priorité. Nos leaders mondiaux devraient s’asseoir autour d’une table. Je dis à mes enfants et à mes petits-enfants: “La Responsabilité vient avec la Connaissance”. Nous savons ce qui se passe au Darfour. Ce qui arrive à Maha et aux habitants du Darfour. et avec la connaissance vient la responsabilité.”

Posted by Gerard on August 8th, 2008

“L’HUMANITE avant la Politique. Pourquoi devrions-nous accorder aux leaders politiques une voix plus importante qu’à Maha? Maha pense que les êtres humains passent avant la politique et que cela devrait être notre priorité. Nos leaders mondiaux devraient s’asseoir autour d’une table. Je dis à mes enfants et à mes petits-enfants: “La Responsabilité vient avec la Connaissance”. Nous savons ce qui se passe au Darfour. Ce qui arrive à Maha et aux habitants du Darfour. et avec la connaissance vient la responsabilité.”

Posted by Webmaster on August 8th, 2008

Gloria White-Hammond présente les membres du groupe Nobel Women’s Initiative, qui a fait le voyage d’Asie en Afrique pour écouter le message des peuples les plus marginalisés du monde. C’est un groupe de femmes qui se battent pour la paix et la justice dans le monde et qui visitent le camp de Oure Cassoni pour entendre les demandes des réfugiés. Elzadin, qui fait partie du comité des Jeunes, parle du gouvernement chinois; “Ils parlent de pétrole et nous parlons de paix”. Mohamed parle avec Gloria et les autres femmes à propos des informations récentes concernant la possibilité d’une mise en accusation du Président Al-Bashir par la CPI. Il dit: “la justice est au-dessus de nous tous. Wangari Maathai, qui a reçu le prix Nobel de la Paix pour ses travaux de reboisement, dit que les Africains doivent acquérir le pouvoir de s’élever contre leurs gouvernements pour les forcer à être plus responsables moralement.

Posted by Gerard on August 7th, 2008

KTJ, Gabriel et Bouba retournent à l’école qu’ils ont visitée hier, avec ses classes faites de bâches et ses maigres ressources. Nous avons parlé avec plusieurs professeurs de la situation au Darfour et ils ont insisté sur la nécessité de Paix, de Protection et de Justice (ou de Punition, comme le projet ENOUGH parle des 3 P). Pour qu’ils puissent retourner au Darfour, les chefs doivent être poursuivis, les Janjaweeds désarmés et le pays protégé pendant une période de réorganisation, de façon à pouvoir supprimer les barrières ethniques et à reconstruire la fraternité et l’amitié au sein de la population.

Garçons et filles de l’école ont joué au basket et ont fait des courses sur le terrain de foot pour les Olympiades du Darfour sponsorisées par “l’Humanité avant la Politique”!

Abakar a fait l’unique panier du jeu et Amira a gagné ses deux courses et a été sacrée championne! Pour leur cérémonie d’ouverture, les filles ont chanté “Salaam, saalam Darfour. Salaam, saalam Darfour”, pour que le jeu et les courses représentent vraiment la paix.

Posted by Gerard on August 7th, 2008

Aujourd’hui c’est le jour le plus chaud dans le camp de Oure Cassoni. Il n’y a pratiquement personne dehors par cette chaleur, même à 9 h du matin. Et même là, les gens ne sortent que pour remplir leurs cruches d’eau et retournent très vite se mettre à l’abri. Nous avons rencontré 15 femmes travaillant dur pour bâtir une école en briques pour remplacer l’école primaire où vont leurs enfants. Derrière leur construction à moitié montée, nous apercevons une douzaine de tentes de fortune montées avec des bâtons et des bâches cousues ensemble. La plupart battent sous le vent, et le sable a commencé à déchirer des pans entiers du toit et des murs. Le terrain de basket est craquelé et la balançoire n’a plus de siège. Le terrain de foot est vide. A la périphérie de Oure Cassoni, on peut voir la dure réalité de la vie dans cet environnement. Le vent soulève le sable à tel point que la seule solution, c’est de construire des murs de fortune autour de votre tente vieille de quatre ans.

Le sable est brûlant et pourtant plus de la moitié des enfants que nous rencontrons n’ont pas de chaussures pour protéger leurs pieds. Même lorsque la saison des pluies règne sur le reste du pays, le camp de Oure Cassoni reste un désert.

Posted by Gerard on August 7th, 2008

Les réfugiés vivant dans le camp Oure Cassoni sont accablés par le sable et la chaleur. Dans la plupart des camps où nous sommes allés, on voit passer des femmes et des enfants qui vaquent à leurs occupations, se rendent visite, s’amusent. Mais ici, à Oure Cassoni, la plupart des réfugiés se terrent dans leurs petits barraquements à l’ombre de structures de fortune assemblées à l’aide de bâtons et de bâche en plastique. Husnan, rencontrée à un point d’eau nous raconte son histoire. Elle s’est enfuie alors que leurs maisons brûlaient et que des centaines de gens s’enfuyaient sur les routes à la frontière avec le Tchad. En même temps que Husnan, nous rencontrons Issa, un écolier de 14 ans et – très important – qui joue au foot ! Il raconte en peinture ses souvenirs du Darfour sur un panneau de tente de Petaluma, Californie, sur lequel un enfant du primaire a transmis ses pensées amicales. Nous avons consacré les derniers instants au camp à jouer au foot avec une équipe de 4 jeunes réfugiés contre nous deux. Malheureusement pour Issa et son équipe, nous avons très vite marqué deux buts et nous avons maintenu ce 2-0 jusqu’à la fin du match !

Posted by Gerard on August 7th, 2008

L’équipe de i-ACT a passé les cinq derniers jours à voyager pour atteindre le camp Oure Cassoni. Il a fallu d’abord 25 heures et 8 heures de décalage horaire pour se rendre à N’Djamena, et ensuite, avec les autorisations en poche et des vols humanitaires, cela a pris encore deux jours pour atteindre Abeche. Après avoir passé la nuit dans la capitale du Tchad de l’est, l’équipe est finalement arrivée au camp Oure Cassoni.

Après avoir atterri, nous avons eu le temps de déposer nos bagages et de rendre visite à nos amis dans les camps avant la tombée de la nuit. Nous avons tout de suite remarqué la sécheresse et la désolation des sites de réfugiés et de ceux des Tchadiens, même en pleine saison des pluies. Quelques brins d’herbe poussent autour de la petite ville de Bahai. Il n’y a pratiquement aucun bois d’allumage ou d’autres broussailles. Nous marchons avec les enfants le long de chemins tortueux et arrivons à un terrain de foot vide. Cette semaine, des athlètes du monde entier arrivent au Village Olympique de Beijing (Pékin) pour les Jeux Olympiques 2008 qui débutent le 8 août. Mais les enfants de ce camp n’auront pas l’occasion de participer à la célébration globale de ce grand Rêve d’un Monde Unique. On les a laissés dehors! Restez avec nous ces prochaines semaines pour suivre les Olympiades du Darfour. Lisez les articles sur le profil des athlètes et rejoignez la communauté des i-ACTivistes.

Posted by Gabriel on June 16th, 2008

Nous entamons notre deuxième semaine au Tchad et pour la première fois nous ne pourrons peut-être pas visiter un seul camp de réfugiés. Lorsque nous avons quitté le camp de Kounoungo en février dernier, notre ami Yakoub nous a dit que nos visites motivaient vraiment les gens du camp, qui étaient fiers du fait que nous revenions les voir. Cela les rattachait non seulement à nous, mais aussi à toute la communauté de gens qui les soutiennent, aux USA et dans d’autres pays.

Yakoub et les autres réfugiés sont très reconnaissants de l’aide qui leur est apportée pour qu’ils restent vivants, mais de lire les messages, voir les visages et apprendre le nom de ceux qui travaillent chaque jour généreusement pour apporter la paix au Darfour leur apporte un regain d’espoir et d’énergie. Cette “construction de communauté” entre des continents n’a pas de prix. L’équipe de i-ACT reste engagée sur ce point.

Nous sommes actuellement à Abeche, dans l’Est du tchad, bloqués ici par les lourds combats qui se déroulent dans la région. Nous allons continuer à envoyer des reportages sur la situation et l’effet de ces combats sur le travail humanitaire et la vie de centaines de milliers de personnes déplacées. Nous enverrons des vidéos lorsqu’il y aura quelque chose d’intéressant visuellement. Autrement nous continuerons avec notre journal et les reportages et nous répondrons aux commentaires et aux questions que vous enverrez sur notre blog. Cliquer ici pour lire nos reprotages d’Abeche.

Merci pour votre engagement et pour être l’un des visages et des noms que Yakoub est si fier de connaître.

Paix à vous
Gabriel
pour Katie-Jay, Colin et Scott

Posted by Gerard on June 14th, 2008

Scott, Colin, KTJ et Gabriel quittent maintenant N’djamena pour partir vers l’est, destination Abeche. Après avoir reçu leurs différentes autorisations, ils ont rencontré les représentants du HCR et ont discuté de la situation actuelle près de la frontière Tchad-Darfour. 5.000 réfugiés environ y ont été installés dans les camps de Kounongo et de Mile, tandis que 5.000 autres environ restent éparpillés dans la zone frontalière. Un grand nombre de ceux qui ont choisi de rester ont pu récupérer du bétail de leur village et leur faire passer la frontière. Certains fréquentent les écoles bâties par JEM. Par ailleurs, des missions du HCR indiquent dans leurs rapports que l’on entend des bombardements dans la région du Darfour.

Après une mise à jour sur la situation, Youssouf apporte à KTJ et Gabriel un matériel maintenant familier : des toiles de tente qui ont été peintes d’un côté par des élèves de l’école primaire de Petaluma en Californie, et de l’autre par des réfugiés du Darfour. Cela faisait partie de leur mission de i-ACT 4 en janvier-février 2008, lorsque l’équipe a été forcée de laisser les toiles de tente au moment de leur évacuation lors de la tentative de coup d’état militaire.

Sur l’un des côtés d’une toile, Ryan a dessiné un soldat tenant un fusil avec un cercle barré d’une ligne indiquant « Pas de guerre ». Sur l’autre côté, Moubarakh, sans aucune aide, veut faire partager son expérience d’une nation ravagée par la guerre et le génocide. Lorsque des hommes sont la cible de massacres et des femmes sont l’objet de viols systématiques. Son dessin montre des avions militaires bombardant des civils innocents et des cavaliers janjaweed brûlant les maisons.

Posted by Gerard on June 12th, 2008

Gabriel, KTJ, Colin et Scott ont terminé leurs préparatifs en vue du voyage vers l’est et ont été heureux d’apprendre qu’ils pourront partir demain. Munis de toutes les autorisations nécessaires, ils partiront pour la plaque tournante orientale - Abeche, avant de descendre vers la ville de Goz Beida qui est tout près des deux gros camps de réfugiés. L’équipe passera la majeure partie de la semaine dans les deux camps, à rencontrer les réfugiés, à écouter leur histoire, à jouer au football et à se faire de nouveaux amis.

A la fin de la journée, l’équipe a rendu visite à Ann, qui est le chef du service des relations extérieures du HCR de N’djamena. Ann, qui a travaillé en étroite relation avec l’équipe de i-ACT ces deux dernières années, leur a fait une analyse approfondie de la situation actuelle dans les camps de réfugiés. Elle a noté à la fois une augmentation du nombre des réfugiés et la stabilité relative que la communauté internationale a pu assurer. Elle a fait part de son expérience seule chez elle au cours de la tentative de coup d’état de février et les séquelles terribles que ces évènements ont laissé chez elle et dans les camps. Enfin, elle leur a donné son état d’esprit personnel, faisant état des sa frustration, mais aussi du grand espoir qui accompagne le travail d’organisation.

Posted by Gerard on June 11th, 2008

Introduction résumée

Scott, Colin, KTJ and Gabriel passent une partie de la journée à attendre les autorisations qui arrivent deux après le départ du vol vers l’Est du pays. Le reste du temps ils envoient des vidéos sur internet, ils cherchent un hébergement pour la nuit et mettent en place un nouveau plan pour joindre nos amis dans les camps.

Introduction complète

L’équipe est pour l’instant dans la capitale du Tchad, à des centaines de kilomètres des réfugiés du Darfour. Scott, Colin, Gabriel et KTJ ont rencontré un certain nombre de problèmes : retard dans les autorisations, vol vers l’Est manqué, pas de chambres à l’hôtel Méridien et des retards pour envoyer la vidéo du jour 1 sur internet (3 essais).

Le groupe attend maintenant des informations de nos amis du HCR de l’ONU concernant le voyage et la situation dans les camps. Pendant que nous attendons patiemment à N’djamena, toutes nos pensées sont pour nos amis réfugiés. Nous espérons – Inch Allah – que nous serons bientôt avec eux. Notre espoir, c’est que notre engagement ici fasse connaître la situation des réfugiés darfouris du Tchad et de ceux qui sont restés au Darfour, et contribue à leur protection. Chaque jour, des gens meurent et il faut que notre engagement à nous tous - la communauté internationale – soit encore plus fort, afin d’assurer que chaque personne ait le droit de vivre et reçoive la protection qui le garantit.

Texte inclus dans la vidéo du jour 2 de i-ACT 5

La responsabilité de protéger les populations contre le génocide, le nettoyage ethnique, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité est un engagement international pris par les gouvernements pour prévenir les grandes crises où qu’elles surviennent. En 2005, les dirigeants des nations du monde ont accepté pour la première fois la règle que les états sont responsables de la protection de leur population et que la communauté internationale a la responsabilité d’agir lorsque ces gouvernements n’assurent pas la protection des plus vulnérables d’entre nous.
La souveraineté des états implique une responsabilité, et la responsabilité première de la protection du peuple incombe à l’état lui-même. Lorsqu’une population est menacée d’un danger sérieux, à la suite d’une guerre civile, d’une insurrection, d’une répression ou d’une vacance de l’état, et que l’état en question refuse ou est incapable d’intervenir pour remédier à la situation, le principe de non-intervention s’efface, au profit d’une responsabilité internationale.

Posted by Gerard on June 11th, 2008

Aujourd’hui nous avons passé la journée à N’Djamena pour préparer notre visite aux camps de réfugiés. C’est la première fois que KTJ et Gabriel reviennent dans la capitale tchadienne depuis la tentative de coup d’état au début de l’année. Pour Colin et Scott, c’est le premier séjour qu’ils font dans le pays.

Bien que la journée soit relativement calme, passée dans l’ambiance tranquille de l’hôtel Méridien de N’djamena, cela a été un prélude intéressant à nos voyages de l’opération i-Act 5. Pour Gabriel et KTJ, c’est la première fois qu’ils reviennent à l’hôtel depuis leur dernier séjour pendant les combats de février, où les balles fusaient dans les halls et les chambres.

Echangeant leurs souvenirs et émotions en retrouvant la scène de ces combats, Ils sont repassés par les mêmes halls et couloirs dans lesquels ils rampaient il n’y a pas si longtemps.

Ce jour était aussi le premier jour entier passé dans la capitale pour Colin et Scott. Ayant déjà traversé le Zimbabwe et le Kenya pour se rendre au Tchad, ils sont tous deux impatients d’aller dans les camps et d’y rencontrer les nombreux réfugiés qui ont été déplacés. Colin et Scott sont tous deux des membres du Comité Directeur de STAND. Ils ont participé l’année dernière à l’organisation dans tout le pays de centaines d’actions dans les universités et les lycées pour faire cesser les massacres au Darfour. Ils sont très excités à l’idée de visiter enfin la région qui a structuré leur travail depuis si longtemps.

Le thème de la protection a été mis en avant aujourd’hui et il sera souvent évoqué au cours de ce voyage. C’est la cinquième fois que Gabriel visite les camps et à chaque visite il a vu une augmentation plutôt qu’une baisse du nombre de réfugiés forcés de quitter leurs villages. Ils n’ont tout simplement pas une protection suffisante pour retourner dans leurs foyers. Ce mois-ci, puisque les Etats-Unis occupent la Présidence du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, nous espérons que notre visite des camps va souligner l’urgence qu’il y a à protéger ces populations innocentes par un déploiement massif des forces des nations-Unies. Nous avons le pouvoir de mener cette action et il est grand temps que cela soit finalement réalisé.

Posted by Gerard on February 11th, 2008

Malheureusement notre équipe a été stoppée et n’a pu pénétrée dans le camp de Gaga. On nous demandait un dernier tampon, l’officiel qui pouvait nous le donner était parti et les gendarmes du camp n’étaient pas très amicaux. Ainsi nous ne verrons pas la petite Leila cette année, les amis !

L’action du jour

Envoyé par Rachel le 30 janvier 2008-01-31

Ce voyage touche à sa fin et nous devons continuer à agir avec la plus grande force pour aider à mettre fin à l’une des crises les plus terribles de notre monde actuel – le génocide.
Notre travail n’est pas terminé, et il faut que nous continuions à être des i-ACTivistes. Nous POUVONS changer le monde, « de nos propres mains ».

  • Il est temps de monter en puissance notre activisme quotidien ! Voici quelques idées d’actions à mener :
  • Soyez la voix du peuple du Darfour. Partagez vos connaissances. Un moyen de le faire est d’organiser des séances d’images
  • Demandez aux media de mieux couvrir le Darfour. Faites le lien avec :
  • Envoyez un message aux compagnies ET/OU désinvestissez personnellement.
  • Signez la pétition demandant au Président Bush de faire plus pour le Darfour. Ce n’est pas de la politique : c’est de l’humanitaire.
  • Aidez à apporter le rêve des Jeux Olympiques au Darfour.
  • Rejoignez le mouvement des Tentes de l’Espoir.
  • Aidez à soutenir l’Ecole dans les camps de réfugiés – engagez-vous avec nous
  • Dites-nous de quelle manière vous allez faire progresser votre activisme.
  • Si vous voulez davantage d’idées, contactez-nous.

Katie-Jay a écrit dans son blog hier : « Chacune de vos actions, chaque minute que vous passez à parler en faveur la Paix au Darfour fera la différence pour Fatma, Saad, Ismail, Moustafa, Guisma, Adef, Fatne, Fatna, Fadila, Mariam, Mohamed, Abdoulhaman, Zaineb, Yakoub, Adam, Asha et Darsalam.

58 jours de i-ACT accomplis, et pourtant le travail ne fait que commencer.

Envoyé par Gabriel le 30 janvier 2008-01-31

Journal de G. – 12ème jour (ainsi que 11ème et 10ème)

Encore une fois je vous écris depuis le ciel, en vol au-dessus du désert tchadien, pour retourner à N’djamena. Ce 12ème jour est le dernier de notre quatrième projet i-ACT, mais ce n’est pas la fin de notre travail d’ « activisme interactif ». Nous devons regarder cela avec l’énergie des débutants. Ces derniers jours, KTJ et moi avons beaucoup discuté sur la manière de faire plus et d’être plus efficace dans notre action ; sur la meilleure façon de faire partager cette urgence que nous sentons dans les camps. La fin de notre « mission » actuelle, terme utilisé par tous les travailleurs ici pour désigner notre séjour, est en fait le début ou la continuation de notre mission pour aider les populations déplacées du Darfour à retourner vers une vie meilleure, pleine et plus paisible dans leur patrie.

Personnellement, je ne sens pas que j’ai terminé ma mission pour ce voyage. Dans l’ensemble, le séjour a été étonnant et très productif. Nous avons établi des liens avec énormément de gens merveilleux qui maintenant font partie d’une communauté plus vaste qui s’étend au-delà de continents. Notre petite équipe de i-ACT a accompli beaucoup de choses, à la fois sur le terrain et chez nous. Elle est petite en taille mais immense, riche et profonde dans le domaine des valeurs humaines. Nous sommes maintenant tous déterminés à faire vraiment la différence pour changer la façon dont le monde répond au génocide. Sur la route de Gaga à Abeche hier, j’ai pourtant eu un sentiment de vide à l’intérieur de moi.

Cela peut sembler enfantin, et je sais que ce voyage, je ne le fais pas pour moi-même, mais
J’ai vraiment eu envie de voir Leila et sa famille. Le visage est présent dans mon esprit depuis la fin de mon dernier voyage ici. Elle m’a aidé à rester concentré lorsque j’ai rendu visite à mon retour à des douzaines de communautés à travers les Etats-Unis pour parler du Darfour.
Cette fois on ne nous a pas laissés aller à Gaga. Les gendarmes nous ont dit sèchement qu’il nous manquait encore une signature et un tampon d’un officiel se trouvant dans un petit village à plusieurs kilomètres de là. Nous n’avons pas réussi à le trouver, car il était parti à la recherche de vaches volées. Comme il était impossible d’entrer, nous sommes partis.

Comme nous arrivions à proximité de Abeche, nous avons vu une forte présence militaire pour défendre l’accès à la ville. Ils se préparaient certainement à des confrontations. Au bureau du HCR, on nous a confirmé que les rebelles n’étaient qu’à quelques kilomètres de là et on les soupçonnait de préparer une attaque. Toutes les missions dans les camps avaient été annulées et nous étions contents d’être de retour à Abeche et d’avoir un vol le jour suivant. Si nous étions restés à Gaga, nous aurions risqué de rester bloqués au beau milieu de troubles. Je ne crois pas trop au dicton « les choses n’arrivent pas sans raison », mais parfois ce n’est pas mal d’avoir de la chance.

Nous avons vraiment eu beaucoup de chance d’avoir pu mener à bien la plus grande partie de notre mission, à la seule exception de Gaga, le seul camp que nous n’avons pas pu visiter. Ce qui signifie aussi que je n’ai pas pu voir la petite Leila. Mon fils Gabo avait passé des semaines à dessiner et à colorier des images pour les donner à Leila et à ses amis. Il m’avait donné également sa voiture préférée et son petit dinosaure pour les lui offrir. Je vais les conserver pour pouvoir les lui apporter lors de mon prochain i-ACT au printemps.

J’ai la photo de Leila dans mon téléphone et elle y restera jusqu’à ce que je la revoie. J’aimerais aussi pouvoir apporter à Leila ce printemps non seulement des petits cadeaux, mais aussi de bonnes nouvelles. Ce serait formidable si les amis de Leila dans le monde entier se mobilisaient ensemble pour lui permettre de rentrer chez elle, non ?

La prochaine fois j’irai à Gaga et entre temps, je travaillerai un peu plus dur pour trouver davantage d’amis pour Gaga.

Paix
g.

Posted by Gerard on January 31st, 2008

Notre équipe sur le terrain a passé son dernier jour au camp de Farchana. Les enfants peignent sur les tentes pour le projet Tentes de l’Espoir. C’est triste de voir que les enfants, spontanément, font toujours des dessins de mort et de destruction. Nous disons au-revoir à Fatna dans sa nouvelle maison et jouons notre dernière partie de football avec les enfants.

Réflexion

Envoyé par Tiffany le 29 janvier 2008-01-30

Nous voulons engager tous ceux qui ont suivi i-ACT à prendre du recul et faire une réflexion sur eux-même. Demandez-vous ce que vous faîtes pour aider les gens au Darfour et si vous avez mené à bien les actions du jour. A la suite de ce processus de réflexion sur cette nouvelle série i-ACT de 11 jours et un seul jour restant, j’ai envie de pousser les membres engagés à essayer d’amener plus de gens vers notre action : nos proches, nos amis, nos collègues de travail, nos camarades de classe, nos amis à l’église, nos professeurs, pour qu’ils s’engagent aussi pour le Darfour. Trouvez cinq personnes dans ces cercles et amenez-les à s’engager, prendre le temps et se dépasser pour sauver des vies en 2008. nous avons tous un rôle à jouer et chacun de nous doit porter une partie du fardeau. Après cinq années d’approche du problème et toujours pas d’action sur le terrain, il nous faut voir le problème sous deux angles principaux : la réflexion sur nous-mêmes et la responsabilité.

Plus de tentes

Envoyé par Katie-Jay le 29 janvier 2008

11ème jour

Nous commençons par l’école aujourd’hui. A chaque camp, nous nous sommes arrêtés pour parler avec les professeurs et les élèves de leur vie et du manque de ressources.
Ce n’est pas nécessaire de le leur demander, ils nous disent tous qu’ils n’ont pas de quoi fonder l’espoir que nous nous efforçons d’apporter. Nous distribuons à chaque enfant une petite toile et un crayon et ils commencent à raconter leur histoire.

Il n’y a pas un seul dessin où il n’y ait un fusil ou un homme en tenue de camouflage. Même lorsque je m’approche d’une fille qui a dessiné des tentes du HCR et une femme portant un panier sur la tête, il y a un objet que je n’arrive pas situer et je demande à Bouba de m’aider.
La ligne droite se terminant par un triangle rectangle parfait tracé à la règle et un demi-cercle est finalement un AK-47. Ce sont ses mots, pas les miens.

Ils dessinent tous la même chose : La mort ;le sang ; l’incendie de leurs vies au Darfour. Lorsqu’un génocide commence, il ne finit jamais complètement. Je pense à Saad, le plus jeune enfant de Fatna, qui n’a que 5 ans, ce qui signifie qu’il n’a jamais vécu ailleurs qu’au camp de Farchana.

Il me tient la main alors que nous marchons dans le camp. Si un seul autre enfant essaye de tenir ne serait-ce qu’un doigt de ma main, il se fait chasser d’un œil sombre et la pression sur ma main se fait plus forte.

Aujourd’hui, je réalise combien est difficile pour moi d’aider à produire ces reportages. Je rencontre des gens. Je parle avec eux. Ils parlent avec moi. Toute notre histoire et nos intentions sont concentrées dans le contact visuel et des poignées de main. C’est difficile de capter cela sur une vidéo. Pourtant c’est la partie la plus importante de ma mission ici. Raconter l’histoire des gens que je rencontre. Et pas seulement leurs mots, mais aussi tout ce qu’ils ont en eux. L’odeur qui me pénètre complètement, les couleurs où femmes et enfants se fondent, le son des pas précipités derrière moi suivis de « Okay, okay » !

Il m’est impossible d’exprimer tout ce que je ressens ici. Vous qui lisez ces lignes entendrez des histoires répétées sans fin lorsque je retournerai chez moi à Portland et peut-être comprendrez-vous la signification de tout cela en rassemblant tous les petits morceaux de l’histoire glanés lors d’un repas ou d’une promenade dans un parc.

Mon ami Mike et moi discutons de philosophie et de nature humaine depuis des années. L’un des thèmes récurrents c’est que les mots n’ont aucun sens sinon celui que nous voulons bien leur attribuer.

Ainsi, je vous offre un seul mot qui n’a que le sens que j’essaye de lui donner : ESPOIR.
Ces gens sont dépendants de vous et de moi. Vous pouvez voir cela dans leurs yeux. Bien que vous n’ayez vu que quelques diaporama des nombreuses photos que nous avons prises. Ils ont tous un nom et ils ont tous une histoire. Ils ont tous l’ESPOIR. De revenir à des temps meilleurs et de rentrer au Darfour.

Plus de tentes. Plus de charité. Plus de souffrance.

Il faut que nous fassions plus. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Lorsque j’ai lu le journal d’Anne Frank et que j’ai rédigé un rapport sur le Rwanda, je m’étais dit que je ferais quelque chose si cela devait arriver à nouveau. Et c’est arrivé. C’est là maintenant.

Je vous en prie, aujourd’hui demandez à une nouvelle personne si elle connaît le Darfour. Racontez-lui l’histoire de quelqu’un que vous avez rencontré lors de ce voyage. Commencez par ce que vous connaissez. Chacune de vos actions, chaque minute que vous passez à parler en faveur la Paix au Darfour fera la différence pour Fatma, Saad, Ismail, Moustafa, Guisma, Adef, Fatne, Fatna, Fadila, Mariam, Mohamed, Abdoulhaman, Zaineb, Yakoub, Adam, Asha et Darsalam.

Plus de tentes. Plus de charité. Plus de souffrance.

La Paix, Maintenant ! KTJ

Posted by Gerard on January 29th, 2008

Pour les supporters

Envoyé par Yuen-Lin le 28 janvier 2008-01-29

Chers amis,

Je vous remercie d’être toujours avec nous depuis le début. Je sais par les statistiques faites sur notre site que nous ne touchons pas directement des dizaines de milliers de personnes. Mais en même temps cela me réconforte de savoir que ceux que nous arrivons à toucher – vous - sont les plus importants. Lorsque les amis que nous rencontrons au Tchad disent que leur espoir réside dans la communauté internationale, et souvent les Américains en particulier, ils parlent vraiment de VOUS. Les vrais supporters. Ceux qui ont serré la main de Adam, Adef, Fatna, Guisma, Alhafi et qui ne vont pas abandonner. Ceux qui persévèrent malgré l’échec continuel de ceux qui ont le pouvoir de protéger et de réparer.

Echec n’est pas un mot que les gens aiment entendre, mais je pense que lorsque les enjeux sont si importants, l’honnêteté est quelque chose de crucial. L’honnêteté par rapport aux autres, mais aussi vis à vis de nous-même. Est-ce que nous faisons assez ? Est-ce que nous touchons suffisamment de gens ? Est-ce que nous les touchons juste une fois ou bien réussissons-nous à les amener avec nous sur le long terme ? Avons-nous eu des idées que nous n’avons pas assez prises au sérieux ? Y a-t-il dans l’activisme existant des vides qu’il est important selon nous de remplir ? Est-ce que nos connaissances sur le Darfour et le Soudan sont-elles suffisantes ?

Cela me met mal à l’aise lorsque des gens disent que nos efforts pour mettre fin au génocide au Darfour ne sont pas vains ; qu’au moins nous oeuvrons à quelque chose qui va aider à prévenir le prochain génocide. Désolée, mais je ne suis pas tout à fait prête encore à regarder les choses de cette façon. Nous n’avons pas encore donné notre pleine mesure.

Chers amis, demandons-nous si nous nous mobilisons suffisamment pour le défi à relever. Disons-nous que nous avons des comptes à rendre, comme nous le demandons à nos dirigeants. Faisons des pétitions à notre attention, rallions-nous nous-mêmes de façon à devenir la force anti-génocide la plus efficace que le monde ait jamais connue.
i-ACT, à l’instar de nombreux autres projets, a débuté par de petites actions réalisées par des gens ordinaires comme vous et moi. Nous ne savions pas où cela irait. Nous avons simplement senti que cela avait du sens, et nous savions que si nous ne le faisons pas, qui le ferait ?
Chaque projet peut avoir un impact très important, mais un petit groupe seul peut vraiment faire beaucoup. Imaginons qu’il y ait cent projets conduits exclusivement pour répondre aux espoirs et aux rêves du peuple du Darfour ; personnellement en contact avec les communautés du darfour ; partageant constamment les informations et travaillant ensemble. Je suis certaine que leur impact combiné serait beaucoup plus important que cent fois celui d’un groupe unique.

Si vous souhaitez nous communiquer une idée de projet, si vous démarrez un projet ou si vous en avez déjà un en cours, parlez-nous en en nous envoyant un commentaire ou bien un courrier électronique à community-projects@stopgenocidenow.org. Nous voulons aider à relier les projets entre eux et nous offrons les moyens dont nous disposons pour aider votre action.

Yuen-Lin

Paix au Darfour

Envoyé par Katie-Jay le 28 janvier 2008

… Je relis mon titre de journal.

C’est déprimant… mais c’est pourtant vrai.

Je ne veux pas vous laisser sur cette impression des camps. Est-ce que j’efface tout et je recommence ? Au lieu de cela, je veux vous quitter en vous donnant quelques moments de ma journée qui me font rire et pleurer des larmes de joie, même lorsque j’écris :

Guisma et Alhafi sont toujours là. Comment font-ils à nous trouver si vite ?

Aujourd’hui, les hommes du village ont commencé à construire une maison pour Fatna. Jeremiah et Joss ont rassemblé un petit groupe pour réaliser ce travail. Le vent et la pluie ne pourront plus s’infiltrer à travers ces nouveaux murs. Lorsque nous l’avons vue hier, Fatna souriait d’un grand sourire.

Aujourd’hui j’ai conduit la voiture ! Et je ne me suis pas embourbée dans un oued !

Lorsque le jour touchait à sa fin, j’ai laissé mes sacs, mes appareils et mes bonnes intentions pour travailler, et je suis montée en vitesse sur la colline. Il y avait peut-être 50 gamins qui me suivaient. Puis nous sommes redescendus et sommes repartis de l’autre côté du camp de Farchana. Par les chemins étroits et tortueux. Il y a des femmes qui sourient, qui rient, qui me font un signe de la main. Petite pause. Puis la tête, les épaules, les genoux et les doigts de pied. Puis je pointe du doigt et elles m’imitent. Comme ci ? comme ça ? Comme ça ? Comme ça ? En avant ! Nous repartons à nouveau par de petits chemins, croisons un âne. Ah, un cul-de-sac ! Nous contournons. Ils esquivent à gauche, je fais semblant d’aller à gauche et tourne à droite ! Ah, voici la route principale ! Nous remontons, redescendons, puis nous retournons. A chaque arrêt, nous levons les bras au-dessus de la tête et nous sautons. Ahhhhhhhhh !!!!!!!

Quelle que soit la peine qui remonte à la surface, la joie et les rires sont toujours présents. La résistance de ces gens est incroyable et elle me motive. Leurs espoirs sont aussi importants que les vôtres et les miens. Et du fait que vous lisez ces lignes et regardez leur histoire, ils ne sont pas seuls. Ils remercient chacun d’entre vous de les avoir écoutés et d’agir. Je vous remercie aussi.

Salam, KTJ

Posted by Gerard on January 28th, 2008

Envoyé par Katie-Jay le 27 janvier 2008-01-28
9ème jour

Ses yeux sont plus profonds que je l’imaginais par rapport aux photos et à la vidéo. Sa peine est plus apparente dans chacun de ses mots. Son ton devient très solennel lorsqu’elle décrit le jour où elle est partie. Le jour où son mari et 60 autres hommes de son village ont été tués. Elle a marché 20 jours avec ses 7 enfants, sans nourriture, sans eau, sans rien. Elle a été chassée de l’autre côté de la frontière par les attaques aériennes et les balles. Ils ont marché toute la nuit, ne s’arrêtant que pour faire un petit feu et se réchauffer du froid mordant juste avant le lever du jour. Nous avons parlé avec elle pendant plus d’une heure et elle n’a esquissé qu’un sourire. Ses souvenirs sont enfouis quelque part sous ses yeux et l’émotion reste à la surface tandis qu’elle répète : « je souffre, je souffre ».

Fatna est l’une des femmes les plus courageuses que j’ai rencontrées de toute ma vie. Son plus jeune fils, qui n’avait que deux mois au moment de l’attaque du Darfour, ne connaît que la vie dans les camps et une vie sans père. Depuis cinq ans et cinq jours, Fatna lutte pour survivre dans le camp de Farchana. Sa tente, qui a cinq ans aussi, est dressée proprement près de l’espace cuisine. Je peux voir à quels endroits elle fuit et je lui demande si elle peut me faire visiter l’intérieur.

Deux petits lits faits de baguettes de bois, l’un avec un petit morceau de toile de tente en guise de matelas et l’autre avec une couverture. Huit personnes dorment dans cette tente. De la main elle me guide dans la tente, en montrant les dégâts faits par l’eau et le coin où dorment ses enfants sur le sable lorsqu’il ne pleut pas.

Il n’existe pas de programme pour les femmes et les voisins et spécialement les voisins, explique-t-elle. Elle ne sent aucune communauté ; elle est seule avec ses enfants.

Tôt le matin, nous avons rencontré plusieurs hommes travaillant à bâtir la maison d’un ami. L’heureux propriétaire de la nouvelle maison, qui auparavant habitait avec six personnes dans sa tente, souriait alors que nous discutions avec les hommes. Ils se réunissent et lorsque quelqu’un a besoin d’une maison, ils travaillent tous ensemble pour la construire. S’occuper des enfants ! Voilà une bonne façon de soutenir les réfugiés. Mais ces réunions se font entre hommes. Et le mari de Fatna est mort.

Fatna commence à entrer davantage dans les détails de sa vie. « Nous ne recevons plus le même soutien que nous avions au début ici ». Maintenant les réfugies manquent de nourriture, ils n’ont pas reçu de savon depuis trois mois et ils n’ont pas d’habits. Mansur et Darsalam peuvent témoigner de cette situation : ils sont retournés au Darfour pour essayer de trouver des objets de première nécessité, et pour voir la famille. Les gens de Farchana souffrent.
Nous retournons à la « maison » de Fatna après une courte pause et une brève visite aux autorités locales. Cette fois, nous distribuons les petits carrés de tissu sur lesquelles les enfants peuvent peindre ; cela fait partie de l’action Tentes de l’Espoir. Les yeux de Fatna s’allument lorsque nous lui donnons un carré peint pour qu’elle participe au projet. Je me souviens maintenant que la seule fois où je l’ai vue sourire, c’est lorsqu’elle nous a présenté ses enfants ce matin. Elle a un très beau sourire. Un sourire qui appelle le respect mais qui dévoile en même temps un peu de sa vulnérabilité, l’expérience de ces cinq dernières années.

Elle nous a demandé : « s’il vous plaît, essayez de faire quelque chose pour ramener la paix au Darfour. Je veux retourner chez moi. »

De Farchana, KTJ

Posted by Gerard on January 28th, 2008

Envoyé par Joshua Tree le 26 janvier 2008-01-27

Hier, nous sommes allés à l’annexe du HCR des Nations-Unies de Goz Beida
qui chapeaute les camps de Djabal et Goz Amer.

• Djabal héberge environ 15.500 réfugiés
• Goz Amer héberge environ 20.000 réfugiés

Et il y a en plus environ 120.000 IDP (personnes déplacées à l’intérieur)

Vous allez probablement vous demander, comme moi, quelle est la différence entre un réfugié et un IDP ? Bonne question. La différence est qu’un réfugié est quelqu’un qui a passé la frontière à cause de la persécution, de la violence, de l’oppression, etc. UN IDP est quelqu’un qui a été déplacé pour les mêmes raisons, mais à l’intérieur de son propre pays. Et c’est justement l’un des nombreux problèmes que l’on connaît dans cette région. Car il n’y a pas vraiment de frontière définie entre le Tchad et le Soudan. Qu’est-ce que cela veut dire ? Eh bien, si l’on suit la frontière qui court entre les deux pays sur des centaines de kilomètres, on ne trouve rien pour la matérialisée : pas de ligne, pas de clôture, rien. C’est la même chose que partout ailleurs dans le monde, il existe des lignes imaginaires qui ont été tracées entre les deux pays par les gens au pouvoir il y a de nombreuses années. J’ai toujours aimé cette idée… qu’il est impossible de voir ces frontières tracés par les hommes depuis le ciel. Quoiqu’il en soit, dans les régions isolées, il n’y a pas de frontière ; les villageois vivant alentour traversent facilement cette ligne imaginaire tout le temps. Certains même habitent au Tchad et techniquement leurs enfants vont à l’école au Soudan, et vice-versa. Ainsi, étant donné que tous ont fui le même conflit, certains ont le titre de réfugiés et d’autres celui de IDP. Les réfugiés sont abrités dans les camps et leurs besoins de base tels que l’abri, la nourriture et les soins médicaux sont assurés par le HCR de l’ONU, l’UNICEF, le WFP et d’autres organisations. Les IDP n’ont pas accès à ces services car ils sont techniquement dans leur propre pays et peuvent théoriquement recevoir de l’aide de ce pays. Et comme c’est la cas ici et dans de nombreux autres endroits, le problème tient au fait que leur gouvernement ne peut pas ou ne veut pas les aider. L’un des aspects les plus choquants que j’ai découverts en venant ici, c’est que d’une certaine manière les réfugiés vivent mieux que les IDP ou même que les villageois autour d’eux, car leurs besoins de base en nourriture, en vaccination et en abri sont assurés.

Ainsi nous avons maintenant des dizaines et peut-être des centaines de milliers de personnes qui viennent de la même zone de conflits, qui arrivent dans un district peuplé de villageois déjà très pauvres, et qui se mettent à utiliser les ressources locales : eau, le bois, la terre, etc. Certains deviennent des réfugiés si, lorsqu’on les interroge, ils sont venus d’un village du Soudan et d’autres en revanche ne sont pas admis dans les camps. Ils créent ainsi des camps de fortune à l’extérieur des camps officiels de réfugiés.

Alors, imaginez que votre village s’est déplacé près d’un point d’eau et que vous vivez là tant bien que mal comme un agriculteur pauvre. Puis à 100 km de là un génocide se déclenche et 120.000 nouveaux venus s’installent près de chez vous, blessés, battus, affamés et fuyant le génocide. Et là, l’eau qui était suffisante pour votre communauté se tarit, et le bois utilisé pour le feu disparaît.

Cela ne signifie pas pour autant que les réfugiés ont une vie facile, mais cela explique les tensions qui apparaissent avec les gens de la région. Plus de détails sur ces complications dans les prochains reportages…

En route depuis le terrain d’atterrissage vers le camp, nous traversons le village de Goz Beida. Ce village est constitué de huttes à toit de chaume et il abrite une force militaire impressionnante. Partout l’on ne voit que des jeeps remplies de soldats équipés de RPG (lance-roquettes) . Il y a une tension dans ce village, car l’est de cette zone a été le théâtre d’un grand nombre de conflits ces derniers mois.

Nous traversons le village en une quinzaine de minutes et arrivons au panneau bleu et blanc
du HCR qui signale que nous avons pénétré dans le camp de réfugiés de Djabal.

Nous dépassons quelques huttes et entrons dans un ensemble de longs bâtiments en pisé rouge disposés en rectangle, avec au centre un grand carré de terre. Alpha, notre chauffeur, demande à quelqu’un où se trouve le groupe, lorsque nous voyons approcher de loin un groupe d’une vingtaine d’enfants suivant quelqu’un vêtu d’un tee-shirt blanc. Ce doit être Gabriel…

Nous traversons le carré et sautons de la voiture. Nous sommes immédiatement assaillis par une multitude de visages réjouis. C’est excitant et en même temps nous nous sentons un peu submergés. Ne sachant trop que faire, je me mets à prendre des photos en rafales. Lorsque je montre les photos aux enfants, ils rient en poussant des cris. Ils sont si excités qu’ils se mettent à se pousser les uns les autres pour être au centre, de sorte qu’il devient difficile de prendre des photos d’un enfant à la fois. Je commence à comprendre que mon rôle est de contenir cette foule et je commence à les tenir à distance en leur donnant un ordre de passage : toi, toi, après, toi, etc. Et cela marche à peu près, mais ce sont des enfants, et au bout d’un moment, leurs mains et leurs visages se bousculent à nouveau devant l’objectif. Tout ce jeu est amusant et on se laisse facilement prendre par cette excitation, et ainsi je continue à prendre des photos pendant une vingtaine de minutes.

Gabriel et KT-J commencent à se diriger vers l’école où ils vont interviewer un groupe d’adolescents à propos de leurs études. Ils passent chacun d’un enfant à l’autre dans la classe et leur posent des questions sur leur expérience de l’école. J’écoute et suis étonné de leur désir d’apprendre et de leur passion pour l’instruction. Tous demandent davantage de livres et ont pour rêve de devenir enseignant, scientifique, médecin, etc. Ils expriment aussi leur frustration par rapport à leur pays qu’ils ont quitté, à l’école qui était bien meilleure au Darfour ; ils ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas continuer l’école. Ils demandent humblement toute aide que les USA pourrait leur donner pour changer cette situation. Cela est particulièrement encourageant, mais en même temps c’est un crève-cœur. Encourageant parce que pour eux les USA restent le leader mondial. Mais c’est décourageant parce qu’ils ne sentent pas l’impact de ce leadership. Cela est une occasion inespérée pour notre pays de réaliser un changement énorme dans la vie d’un si grand nombre de personnes, au moyen d’une contribution très modeste.

En écoutant ces enfants aujourd’hui et aussi à travers les conversations que nous avons eues avec des Tchadiens, avec des représentants du HCR et des travailleurs humanitaires, nous avons eu confirmation de la vision que nous avions de la situation depuis plus d’un an maintenant. L’impact de l’instruction dans les camps est capital pour améliorer les conditions présentes et soutenir à long terme ces communautés. De théorique, cette vision commence à devenir réalité. Je peux voir clairement devant moi les réfugiés bâtir cette école et les enfants inspirés par la possibilité d’avoir une instruction complète, des milliers d’enfants buvant à la coupe de la connaissance et devenant les leaders capables de guider ce peuple vers l’avenir.
Ce n’est plus un simple concept, c’est tangible maintenant et surtout possible ! J’espère pouvoir contribuer à créer cette école, voir les visages souriants des enfants en face de moi et que nous tous rentrions à la maison.

Ce premier jour dans les camps m’a touché et m’a inspiré au-delà de ce que j’aurais pu imaginer.

Votre dévoué et reconnaissant Concitoyen du Monde,
Joshua Tree

Posted by Gerard on January 25th, 2008

Envoyé par Katie-Jay le 25 janvier 2008-01-25

7ème jour

Plus qu’un seul jour à Djabal. J’aurai été en tout presque semaines au Tchad et ce n’est pas assez de temps lorsqu’on a tellement de jours de voyages. Hier nous avons rencontré la famille de Adef et Achta et celle de Oumar, et aujourd’hui nous allons voir l’école. Mais il y a beaucoup plus de choses à voir. Tellement de gens à écouter pour pouvoir porter leur histoire au grand jour pour que le monde les entende. Comment allons-nous commencer notre journée ?

Eh, oui, l’arrêt de routine avec le gendarme ; comment commençons-nous chaque journée, pourquoi devrais-je penser différemment ? Aujourd’hui cela ne prend que cinq minutes et seul Bouba a besoin de sortir du véhicule.

Durant le trajet jusqu’au camp, Gabriel et moi nous avons un remue-méninges. Retourner voir les familles que nous avons rencontrées aujourd’hui et regarder ensemble une courte série de diapos. Rencontrer les élèves de la classe de niveau 6 et voir ce que ça donne. Nous promener dans le camp, rencontrer les gens. Notre petite concertation s’arrête à l’endroit où elle s’arrête chaque jour : être nous-mêmes, écouter, partager des messages d’espoir et ne pas oublier de brancher le micro !

12 élèves seulement sont en train de travailler l’arabe, assis sur le tapis poussiéreux dans une salle en briques éclairée par deux grandes fenêtres. Une fille, Selma, onze garçons, trois livres de textes et un tableau noir. Douze histoires où seuls l’espoir et la détermination soutiennent l’éducation. Sans notre aide pour mettre en place un niveau 7, puis 8, etc., ces douze élèves n’iront pas très loin dans leurs études. Pris entre deux mondes – le tchadien et le soudanais – tout examen passé dans l’un des pays ne sera pas reconnu par l’autre.

Bouba et moi passons d’un élève à l’autre et demandons leur nom, leurs souhaits et leurs commentaires sur une vidéo du Lycée d’Auburndale en Floride. Chacun d’entre eux nous demande de l’aide. Ils ont demandé aux autorités du camp, ils ont demandé à l’UNICEF, ils ont supplié pour obtenir plus de ressources et une formation pour les professeurs, ainsi qu’un bâtiment pour compléter l’école primaire. Ils n’ont rien reçu.

Ma détermination à mettre ces élèves en relation avec vos communautés pour commencer à rebâtir un Darfour plus fort se renforce à chaque réponse des élèves. Nous avons les moyens et la puissance nécessaires pour aider à faire de ce rêve une réalité, mais il ne faut pas oublier ce que nous pouvons faire dans notre propre vie quotidienne pour assurer qu’ils quittent cet état entre-deux et retournent au plus vite au Darfour. « Aujourd’hui ou demain, j’aimerais rentrer chez moi. » Dans cette situation, notre voix est vraiment leur voix.

Selma espère que les femmes du Darfour soient unies. Qu’elles puissent se mobiliser et augmenter leur pouvoir dans leurs villages. Ces espoirs ne sont-ils pas les nôtres pour les communautés défavorisées aux Etats-Unis ? Les habitants de Djabal, Kounoungo, Mile, Gaga, Farchana, Oure Cassoni et des autres camps sont notre communauté.

Instruction, Activation, Habilitation.

Ensemble, nous pouvons changer le monde.

Solidairement, KTJ

Posted by Gerard on January 24th, 2008

Et voici Joshua et Jeremiah

Envoyé par Carolyn le 24 janvier 2008-01-24
Joshua et Jeremiah ont rencontré Gabriel l’année dernière et le contact s’est fait immédiatement. L’un et l’autre avaient envisagé de participer à l’action humanitaire en facilitant les relations personnelles avec les populations dans le besoin. Leur mission est très proche de notre démarche ici avec i-ACT et ils ont sauté sur l’occasion pour visiter les camps au Tchad. Malheureusement ils ont été retenus à N’djamena dans l’attente de leurs autorisations, mais ils devraient rejoindre Gabriel et Katie-Jay demain à Goz-Beida, alors, restez connectés ! Nous sommes enthousiasmés par l’idée de les avoir avec nous pour ce voyage, car chaque nouvelle personne se joignant à i-ACT apporte avec elle une nouvelle perspective et une vision unique.

Si vous êtes intéressé par leurs idées, allez sur leur site : World Abundance et Abundant News.

Le village de Djabal

Envoyé par Katie-Jay le 24 janvier 2008-01-24
6ème jour

Le soleil se lève lentement aujourd’hui. Peut-être est-ce parce que je suis déjà à moitié réveillée plusieurs heures avant de devoir me lever… A chaque fois que j’ouvre lentement mes yeux et que je les referme rapidement, il fait un peu plus jour. Enfin, je me lève, prépare mes affaires, puis nous voilà partis. Un nouveau jour, un nouveau camp et je me sens bien.

Il n’y a que deux kilomètres jusqu’à Djabal et c’est assez plat ! Comme nous nous arrêtons aux points habituels de la ville de Goz Beida, j’observe les murs de pisé, les grands arbres qui fournissent une ombre précieuse, et les vignes. La plupart des murs sont ornés de vignes ; celles-ci sont un peu brunes, bien sûr, car la saison des pluies est finie depuis des mois. Toutefois, je vois plus de plants ici que je n’en ai vu depuis mon arrivée au Tchad ; ils bordent les rues et grimpent le long des murs.

Une fois à l’intérieur de Djabal, le paysage ne change pas beaucoup. Nous voyons seulement quelques tentes utilisées la plupart comme couche supplémentaire du toit de paille rectangulaire ou rond. Il y a pas mal de balles d’épis et de fanes de maïs séchés posés sur les toits ou bien debout au coin de la cour. Il y a beaucoup d’ânes qui mangent de la paille et qui ont là un petit abri. Les vignes poussent sur les murs qui forment de petits chemins, juste assez larges pour laisser passer une voiture. J’ai l’impression d’être dans un village, et non pas dans un camp de réfugiés. Cela jusqu’à ce que nous rencontrions les gens de Djabal.

Comme lors de mon premier jour à Kounoungo, une femme âgée s’approche de moi. Elle me souhaite la bienvenue et me remercie, d’une voix qui monte de plus en plus haut à mesure des réponses qu’elle fait à mes questions. Elle est notre entrée en matière avec Adef, Achta, Hassan et Hissein (des jumeaux !), Kadija, Maryouda et nos trois guides qui doivent nous amener pour rencontrer Oumar.

Oumar a rencontré Tracy Mc Grady (joueur de NBA de Houston) il y a quelques mois et ils ont parlé un moment. Nous avons amené des photos et des vidéos de leur rencontre, ainsi que des autres habitants du camp, afin de mettre en relation son lycée en Floride avec les gens du groupe ici.

Nous avons trois guides qui ont identifié Oumar et qui sont d’accord pour nous aider à le trouver. Dans un camp de 16.000 personnes je me demande combien de temps cela va prendre. En chemin nous traversons quelques maisons – un espace avec trois feux traditionnels, quelques ânes et un petit bout de jardin. Je me retrouve un peu derrière le groupe lorsque j’essaie de filmer plusieurs femmes dans leurs travaux quotidiens. Sans traducteur, je ne peux que leur dire bonjour et demander leur nom. Mais je leur demande à l’aide d’un sourire et des mouvements de bras habituels, si je peux les filmer et prendre des photos, et ça marche. Elles se rassemblent et, avec force gestes et mouvements, m’expliquent comment elles vivent.

Je cours pour rattraper les autres… un petit groupe s’est formé sur le grand fossé sablonneux qui partage le camp en deux. Ils ont trouvé Oumar, et en moins de 10 minutes.
Nous lui demandons s’il joue au basket. « Je suis un joueur de football, j’apprends seulement le basket». Gabriel et moi échangeons un regard – un match de football qui se jouera plus tard à 4 contre 20 !

Il nous conduit à sa maison, pas loin du centre du camp et sa mère est là. Genie nous souhaite la bienvenue dans son foyer, et, en une simple phrase, me fait entrer dans sa vie.

« Je suis à la fois la mère et le père », dit-elle, « depuis que mon mari est mort il y a un an dans le camp ». Je pense alors à ma propre mère, qui, elle aussi a assumé le rôle de mère seule, un sort auquel sont confrontés un grand nombre de gens dans le monde. Avec éloquence et sincérité elle décrit ses responsabilités et sa vie quotidienne, faite surtout de longues heures d’un travail laborieux. Je suis étonnée par la gratitude qu’elle exprime pour la possibilité qui lui est offerte d’être abritée dans ce camp pendant cette dure période de sa vie. Avec deux enfants de moins de cinq ans qui n’ont connu comme maison que les camps de réfugiés. Je me demande si elle pourra un jour leur montrer l’endroit où elle a grandi et leur apprendre son mode de vie traditionnel, avec la liberté que chaque être humain mérite.

Avec 50% de la population de ce camp et de la plupart des 12 camps d’ailleurs, âgée de moins de 17 ans, comment pourrions-nous finir la journée sans un match de football ?

Nous formons d’abord des équipes : Gabriel, moi, Ali et Oumar (pas celui dont on a parlé plus haut) contre Oumar, son frère, et une quinzaine de garçons – véridique ! C’est difficile de jouer au foot sur un si petit terrain et un tel nombre de joueurs, mais notre équipe arrive à passer et à MARQUER ! Ils jouent avec des buts : l’enclos des ânes d’un côté, qui cause une remise en touche, et le groupe des filles, accroupies derrière nos buts, les deux autres côtés sont ouverts. Oumar se bagarre et est très fort sur les balles hautes – parfois en levant son pied au-dessus de sa tête ! Le jeu est à 2 partout et le prochain but gagne la partie. Nous nous battons pour éloigner la balle de notre défense pendant quelques minutes et arrivons à l’envoyer vers l’avant ou plutôt dans le fossé ! Oumar fait une passe depuis le côté gauche, je feinte à gauche, « Tire », crie Gabriel ! Je tape doucement le ballon de l’intérieur et il passe devant le premier garçon, le second veut shooter, mais il le rate, le troisième aussi ! Notre équipe de quatre a réussi à battre une équipe de 15 joueurs !

Le SPF 55 me tombant sur mes yeux, et mon tee-shirt couvert d’une fine couche de sable, je me retire à l’ombre et regarde les garçons plus âgés et Bouba, notre traducteur, qui sont encore en train de taper dans le ballon.

Aujourd’hui je quitte le camp avec un sentiment relationnel très fort. Je sais que lorsque je reviendrai demain, je verrai beaucoup de femmes et d’enfants que j’ai rencontrés aujourd’hui. Nous visiterons leur école et j’espère que nous pourrons parler à la seule élève fille du niveau 6, le niveau le plus élevé dans l’école de ce camp. Je suis pleine d’espoir aujourd’hui, non seulement parce que j’ai rencontré maintenant encore d’autres personnes parmi les plus résistantes que je pourrai jamais rencontrer, mais aussi parce que je sais que la relation que nous avons peut changer quelque chose dans la vie de nos nouveaux amis.
Ensemble, KTJ

Posted by Gerard on January 22nd, 2008

L’action du jour

Envoyé par Carolyn le 22 janvier 2008-01-22

Dans quelques jours, il y aura cinq ans que le terrible génocide au Darfour a commencé.
Le gouvernement de Khartoum n’est certainement pas tout seul pour cela ; il faut des dizaines, des centaines de milliers de dollars pour perpétrer un génocide. Une partie de cet argent provient peut-être de nos propres fonds. Aujourd’hui nous vous demandons d’examiner votre propre vie. Vos investissements risquent-ils de contribuer – indirectement – au génocide ? S’il vous plaît, prenez le temps de vous assurer que vous ne payez pas pour le génocide. Pour cela, vous pouvez cliquer sur les liens suivants :

Une promesse

Envoyé par Katie-Jay le 22 janvier 2008

La porte d’entrée du bâtiment grince avec le vent, les ânes sont inquiets et braient sans arrêt, et les chiens n’ont pas cessé d’aboyer depuis que nous sommes arrivés ici il y a quatre jours. Mais ce n’est pas pour cela que je n’arrive pas à dormir après une très longue journée dans les camps, peu de nourriture et pas beaucoup de sommeil. C’est à cause de leurs visages et de leurs histoires. Ces quatre derniers jours, nous nous sommes réveillés, nous avons taillé la route pour Kounoungo, nous sommes restés assis à bavarder avec des réfugiés et à les écouter. Nous avons partagé avec eux vos émotions et votre dévouement, à travers des vidéos ou avec nos histoires. J’ai vu les sourires joyeux se transformer en expressions plus sérieuses lorsque nous leur demandons plus de détails sur leur foyer et ce qui s’est passé. J’ai vu leurs larmes et aussi l’espoir dans leurs yeux quand ils nous posent des questions comme : « Pourquoi ne s’est-il rien passé ? Pourquoi toutes les promesses non tenues ? Pourquoi le Conseil de sécurité n’a-t-il rien fait ?

C’est la dureté de cette réalité qui me rend la compagnie des enfants si confortable. J’ai toujours été la « tante » qui trouve toujours un moment pour garder un enfant, même si j’essaye de faire le plus de travail possible, cela juste pour être dans l’énergie des enfants.
pour jouer, rire et chanter avec eux et oublier tous les morceaux cassés de l’humanité, pour être insouciante – juste un moment. J’ai essayé de sortir de ce lieu de retraite aujourd’hui et d’aller parler à d’autres femmes. De rester dans leur histoire, de leur laisser plus de moments de silence. Je ne suis toujours pas très à l’aise quand je tiens une caméra durant une conversation ni d’ailleurs lorsque c’est moi qui suis filmée.

J’ai ressenti la journée d’aujourd’hui comme très différente de celles passées à Kounoungo et j’espère qu’à travers ce récit vous ressentirez la même chose.

Posted by Gerard on January 21st, 2008

Envoyé par Katie-Jay le 2

Nous partons plus tard que d’habitude aujourd’hui, mais avec l’espoir de pouvoir rester un peu plus tard l’après-midi, puisque nous constituons le convoi, c’est à dire que nous sommes le seul véhicule derrière notre escorte armée. Après l’arrêt habituel au bureau de la sécurité du camp où nous signalons que nous resterons jusqu’à 14 h, nous partons. Au programme, il y a de nombreux arrêts, mais le premier est pour Adam ! Certains d’entre vous le connaissent peut-être du reportage précédent « Lorsque le diable est arrivé à cheval », et vous allez le rencontrer à nouveau dans le petit film d’aujourd’hui. Nous demandons à un monsieur à l’école où se trouve Adam – il nous montre du doigt une allée et dit « allée ici, au bout » avec un mouvement de haut en bas de son bras tendu, « arbre » et son bras se déplace vers la gauche. Bien, allons-y. Nous dépassons quelques ânes, l’un d’entre eux nous signale fortement que nous empiétons sur son espace vital, à moins qu’il nous demande de le détacher… Nous essayons d’éviter les bruits de fond trop importants pour le film, car sur la plupart de nos vidéos on m’entend déjà rire (bon ou mauvais ?). Nous nous approchons du bout maintenant et un autre homme apparaît. Nous demandons : « Adam » ? Il pointe son doigt et dit quelque chose que nous ne comprenons pas du tout – il nous mène alors un peu plus loin, nous dépassons un arbre et tournons à gauche.

Et voilà Adam, chef de groupe, professeur, un homme qui inspire et motive, qui fait qu’on soutient encore plus fortement le peuple du Darfour. Nous restons assis avec lui plusieurs heures à discuter sur l’état des écoles, sa famille, la bibliothèque qu’il construit pour la communauté et aussi le sentiment de désespérance qui envahit le cœur d’un grand nombre de ceux qui vivent ici depuis trois, quatre ou cinq ans. Nous lui faisons part de vos messages. Nous lui montrons le message d’encouragement et d’amitié de Macy Gray.
Nous lui montrons des extraits de la vidéo i-ACT2 avec Stacey et d’autres films avec des messages « Bons baisers d’Amérique ». Nous écoutons la chanson que Greg Lawson, de Redding, Cal. A écrite et qui a fait le tour des USA. Des larmes se mettent à couler sur ses joues. J’essaye de retenir les miennes – une autre fois, en d’autres lieux, non ? J’éprouve cette sensation bizarre à l’estomac, comme lorsqu’on descend du 32ème étage jusqu’à la cave en ascenseur. Un petit rebond vers le haut, et votre estomac un étage en-dessous !

« Aucun espoir en dehors de la communauté internationale. Sans votre aide, nous ne voyons aucun espoir. Nous manquons de tout, nous sommes désespérés… Nos compatriotes meurent tous les jours ». Je suis très émue par l’honnêteté d’Adam. Sa volonté de partager sa vie, ses rêves et le chemin qu’il a parcouru pour qu’ils deviennent réalité. Mais j’ai honte aussi. La plupart des gens qui me connaissent bien m’ont dit plusieurs fois qu’il faut que j’arrête quelques temps. Que je sorte, que je profite de la vie et arrête de consulter mon portable ; que j’aille faire un tour au bord de l’océan, que je fasse quelque chose pour moi. Et j’avoue que je fais cela parfois. Et je sais aussi que je fais beaucoup pour les gens du Darfour. Mais nous devons faire encore plus. Comme dit Adam, la communauté internationale est leur seul espoir. Je vous en prie, aujourd’hui, demain et dans votre vie quotidienne, agissez ! soutenez Adam, Yakoub, Fatina et les familles dans votre cœur et votre esprit. Ils sont Nous-mêmes.

Ensemble, Nous Pouvons Changer le Monde,
KTJ
(Traduit par G.G.)

Posted by Gerard on January 20th, 2008

Envoyé par Gabriel le 20 janvier 2008
Journal de G. – i-ACT 4 – 2ème jour

ktj and gabriel Suis-je naïf lorsque je veux influer sur la façon dont le monde (je veux dire le monde entier) réagit au génocide ? Quand je formule cette question par écrit et que je me la prononce mentalement, la réponse est toujours oui. Est-ce que je suis un peu arrogant de croire que j’ai ce pouvoir ? Croyez-moi, je traverse des moments de doute où mon âme est en peine.
Ces moments arrivent certainement tard la nuit et lorsque je suis dans un état qui est au-delà de la fatigue. Je suis un garçon tranquille, certains diraient presque introverti, qui préférerait être chez lui en train de lire un bon roman de Garcia Marquez plutôt que d’être au milieu d’une foule de gens. Pourquoi suis-je ici, à vous écrire, à parler sur des vidéos, à essayer de créer une communauté entre des centaines, des milliers de gens, et avec l’espoir d’en toucher des millions dans différents coins de la planète ?

IMG_1185.jpg Mon fils qui a le même surnom que le grand écrivain que j’ai cité plus haut – Gabo, et qui a quatre ans, est complètement absorbé par la petite Leila, une adorable petite réfugiée que
Nous avons rencontrée l’année dernière. Gabo veut que je la fasse venir chez nous*. Il me dit aussi que lorsqu’il sera grand, il veut écrire, comme il me voit toujours devant l’ordinateur ou en train de parler au micro des évènements du Darfour, « pour aider les enfants d’Afrique », comme son papa. Je le crois.

Quant à moi, je veux rester naïf. Pour Gabo, je souhaite qu’il puisse un jour travailler pour aider les enfants d’Afrique ou d’ailleurs à être encore plus heureux, pas seulement aider à les garder en vie. Je vais faire tout mon possible.

Meilleurs vœux de Paix
Gabriel

* N’ayez crainte, je ne le ferai pas ! Je ne travaille pas pour l’Arche de Zoé.

Posted by Gerard on January 19th, 2008

Je me réveille avant la sonnerie de ma montre réglée à 6 h 45. Aujourd’hui, nous allons à Kounougo ! Notre camion est le dernier du convoi se dirigeant vers le camp ; tous les véhicules humanitaires sont pourvus d’une image « pas d’armes », cependant, nous suivons
un pick-up équipé d’une mitrailleuse avec plusieurs soldats. Nous traversons quelques rivières asséchées, au bord desquelles nous voyons des troupeaux d’animaux, et certaines avec de grands trous où les villageois creusent pour trouver de l’eau.

Yakoub and G 2 Avant de pénétrer dans le camp, nous apercevons des enfants jouant au football, le sport universel, mais nous ne pouvons nous arrêter car aujourd’hui nous nous déplaçons en convoi organisé par les autorités locales et du fait d’une insécurité récente dans cette zone.
Premier arrêt : l’autorisation ! Le chef de la sécurité rit et me demande si je veux qu’il aille chercher d’autres autorisations, assembler encore plus de signatures ; je secoue la tête en riant, rassurée par le fait que finalement quelqu’un arrive à rire de tout cela. Notre première mission dans le camp est de trouver Yakoub, l’inspecteur des écoles dans ce camp – beaucoup d’entre vous l’ont déjà rencontré. Après avoir écrit nos noms dans le registre du camp, nous voilà repartis en voiture pour aller à sa recherche…

…attends, arrête, stop ! Le voilà qui arrive ! Gabriel et moi nous sautons de la voiture et notre premier jour au camp de Kounoungo commence. Les enfants commencent à nous entourer presque instantanément et ce n’est qu’au moment où nous nous dépêchons de retourner au bureau de la sécurité qu’ils se séparent de nous. Avec Yakoub nous discutons de la situation dans les camps, ce que vous découvrirez dans la video, et lorsque nous commençons à nous diriger vers la maison du cheikh, j’entends une voix : « Yama, yama, Yama » ; une femme âgée se précipite vers moi en agitant ses bras. Elle vient pour me dire que ses fils sont à Khartoum !

Fatina C’est ainsi que nous entrons dans la vie de Fatina. Elle nous invite alors chez elle. A l’intérieur du mur de pisé est dressée une tent, une cuisine aux murs de pisé et un petit espace ombragé avec un toit de paille. Nous nous assoyons et elle nous présente à sa famille, les filles, les petites-filles, les nièces et les neveux. La plupart sont des femmes et elles sourient lorsque nous leur demandons d’écrire leur nom dans notre carnet. C’est vendredi aujourd’hui et le travail finit tôt pour, hum, tout le monde ( ?), et comme il nous reste peu de temps, nous nous préparons à partir.

Aikram ! Aikram ! Aikram ! Tandis que Gabriel discute avec Asha, l’une des petites-filles de Fatina, âgée de 15 ans, que nous allons mettre en rapport avec une des gens aux Etats-Unis, les enfants se rassemblent autour de moi. Une petite diversion pour Gabriel, qui peut ainsi discuter plus tranquillement, mais pour moi, c’est le meilleur moment de la journée !

shy girl Clic, je prends une photo et, passant en mode lecture sur l’appareil numérique, je montre la photo de la petite fille. Elle crie, couvre sa bouche de la main et est aspirée par la foule. « Aikram, Aikram ! » Je pointe mon appareil sur la fillette au fichu rouge sur la tête, je montre la photo, et à nouveau, ces cris. On la pousse hors du cercle… « Aikram, Aikram » ! tandis que je tourne mon appareil vers un petit garçon, et ce jeu continue pendant un moment. Et même lorsque Gabriel essaye d’attirer mon attention, je ne l’entends pas. Je suis trop absorbée dans ce jeu des photos : clic, mode lecture, montrer la photo et les cris ! On termine avec une photo de tout le monde avec Gabriel et Yakoub.

Voilà mon premier jour dans un camp de réfugiés du Darfour à l’Est du Tchad. Les visages sont bien réels, les rires et les jeux sont les mêmes que ceux des enfants de chez moi. J’ai hâte de retourner au camp demain. Pour écouter d’autres histoires, m’asseoir avec de nouvelles familles, jouer avec les enfants. Cette communauté est la mienne, et aussi la vôtre. Ensemble, nous tous ici et ailleurs dans le monde, nous pouvons resserrer les liens, mettre les gens en relation, donner de l’espoir et nous battre pour ramener la Paix au Darfour.

Solidairement
KTJ

Posted by webmaster on July 19th, 2007

L’équipe retourne au camp d’Abache, sur la frontière entre le Darfour et le Tchad.

Un réfugié raconte comment il a fui son village, emmenant ses enfants.
Ils se déplacèrent par petites étapes.
Enfin ils furent pris en charge par une ONG et arrivèrent au camp.

Une mère de neuf enfants laisse Connie et Gariel visiter leur hutte. Gabriel l’informe qu’un groupe de femmes qui a démarré une association à Los Angeles, nommé « Vingt femmes pour le Darfour », a décidé de faire mieux connaître le sort des femmes dans le camp du Tchad. Elles sont mariées ou pas, mais elles veulent que les femmes du Darfour sachent qu’elles sont solidaires. Elles ont fabriqué un T-shirt qui porte le slogan.

Gabriel parle d’un réfugié, Ahmat, qui est retourné au Darfour pour aller au lycée. Dans certaines villes du Darfour, il y a encore des lycées qui fonctionnent.
Gabriel a pu parler à sa grand-mère. Ils avaient tous été impressionnés par ce petit homme qui expliquait pourquoi il avait dû fuir le Darfour.
Il s’exprimait dans un anglais assez remarquable pour un enfant de son âge.

La vidéo se termine en disant que nous sommes tous du Darfour, comme l’équipe est américaine, ils disent dans un slogan explicite « Ils sont américains », « Ce ne sont pas seulement des numéros ».

Le périple au Tchad touche à sa fin.
Dans son journal, Gabriel dit être toujours plus ému, en rencontrant dans ces camps des gens qu’il a déjà vus au cours de ses voyages précédents.

Posted by webmaster on July 19th, 2007

Jour9, 18 juillet 2007

Les visages des enfants ponctuent la vidéo.
Ce sont les retrouvailles avec un habitant du Darfour, qui voudrait retourner immédiatement, malgré les conditions.
Sur les accords actuellement en question, le réfugié assure que, en réalité, les conditions de vie n’ont pas changé.
Leur détermination est réelle, mais le gouvernement, à leurs yeux, ne donne pas de garanties suffisantes pour qu’ils retournent en toute sécurité dans leur pays, le Darfour.

Gabriel a retrouvé des réfugiés qui étaient déjà là en 2005, ce qui montre que la situation est encore en l’état.

Les réfugiés qui entendent parler des accords signés ne voient pas de changement concret et sont toujours contraints de vivre dans ces camps..

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour n°8, 17 juillet 2007

Gabriel, Connie et Yuen-Lin retournent dans le camp où habitent Leila et Juma. Une conversation avec la mère de Leila nous apprend que Leila est née au Soudan, que son père vit dans le camp avec eux. Gabriel rappelle que la chaleur est étouffante et que de petits portent leurs frères et soeurs dans cette chaleur, sans jamais se plaindre. Les trois membres de l‘équipe sont entourés par de nombreux enfants. Comme Leila et Juma, des milliers d’enfants vivent dans ces camps.

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour n°7, 16 juillet 2007

Dans le camp visité ce jour là des femmes témoignent de leur fuite.

La première a sept enfants. La nuit elle s’est enfuit avec eux, sans nourriture. Elle fuyait son village mis à sac et brûlé.

Gabriel décida de revenir voir Mansur, l’enfant qui fit des dessins sur la guerre.

Des jeunes américains privilégiés furent très touchés par ce garçon et ses dessins. Gabriel demanda à Mansur de lui donner un de ses dessins. En fait Mansur lui en donnera deux.

Un diaporama fait des visages de ces femmes et de ces enfants donne leur nom, montrant ainsi qu’ils sont des êtres à part entière et non pas seulement des visages anonymes.

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour 6, 15 Juillet 2007-07-15

 

Gabriel rend visite à des écoliers dans le camp.

Dans ce camp il y 3 écoles primaires et secondaires avec 1600 élèves.

Le chant tient une large part dans leur éducation, ces chants parlent de la situation au Darfour.

Lors de l’Assemblée du matin, des jeunes filles viennent chanter au milieu du groupe d’enfants.

Gabriel interview quatre jeunes gens entre 14 et 18 ans.

« Nous aimons notre Soudan, mais comment pouvons-nous retourner au Soudan », ce sont les paroles de la chanson proposée par le jeune homme.

Les jeunes envisagent d’être professeurs plus tard, ou président du pays !

Ils disent combien la langue anglaise est importante pour eux.

Ils ont également des activités ludiques et disent aimer le football ou le volley.

 

L’un des garçons raconte que son village a été attaqué par le Soudan, et il dit connaître beaucoup de gens tués, dans sa famille particulièrement.

 

Le jeune homme est affirmatif, il répète qu’ils ont été victimes des soldats envoyés par le gouvernement du Soudan.

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour 5, 14 Juillet 2007

Gabriel,Connie et Yuen-Lin visitent le camp avec un ordinateur qui leur permet de montrer les photos aux enfants.

Yuen-Lin pense que filmer les gens et se servir des vidéos pour sensibiliser ceux qui habitent dans des pays riches est un excellent moyen.

Les gens dans les camps ont l’impression d’être connectés avec le reste du monde et de pouvoir être écoutés.

Les enfants sont pris au polaroïd et on leur offre la photo.

Les enfants demande à Connie d’écrire leur nom dans son carnet, de la sorte ils se sentent connectés avec le monde extérieur

Un jeune garçon demande à Connie de venir à sa tente et voir ses conditions de vie et regarder les dessins qu’il a faits.

Dans la tente ils n’y a pas de lit, ils ont une sorte de tapis et dorment à même le sol.

Alhafis a 10 ans.

Ses dessins représentent les soldats et les victimes, parmi lesquelles un bébé.

Au mur, il a affiché une dizaine de ses dessins. Ils racontent tous sa vision de la guerre et des tueries qu’il a vues.

Ils sont un témoignage et il veut que les gens sachent.

Il aimerait retourner chez lui, tout de suite, s’il le pouvait.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il aimerait faire plus tard, il dit qu’il aimerait être médecin.

Ce jeune enfant est si mature et ses dessins si poignants que cet interview montre combien les souvenirs doivent être conservés pour ne pas oublier le génocide.

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour 4, 13 Juillet 2007

 

Gabriel rappelle qu’il est déjà venu dans ce camp l’année passée, et reconnaît des femmes  qui étaient déjà là.

L’une d’entre elles a eu un bébé, âgée d’un mois.

Dans cette communauté, les femmes sont soeurs et ont des enfants avec elles.

 

Sous la tente où une des jeunes femmes est interviewée, ils parlent de leur condition de vie.

La chaleur est étouffante.

La femme dort sur le sable, et comme il est humide, elle tombe malade, explique-t-elle.

La jeune femme leur demande quand ils vont amener la paix dans son pays. Elle s’est échappée l’année antérieure, laissant tout dernière elle, et se trouve dans ce camp depuis un an. Cette vidéo montre tout l’espoir qu’ils portent dans les visiteurs occidentaux pour en finir avec les camps. Sa question est un appel poignant.

 

Son père et son frère ne sont pas dans le camp.

Près d’elle un enfant dont le père a été tué vit sous la tente, avec elle.

Le dernier plan se fait sur le visage triste d’un enfant obligé de vivre loin des siens dans ce camp.

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour n°3, 12 juillet 2007

Connie, Gabriel et Yuen-Lin arrivent à Abeche.

La pluie a gonflé les rivières et ils doivent traverser l’une d’entre elles. Le passage est risqué et plusieurs véhicules sont restés embourbés au beau milieu, mais ils réussissent à passer sans encombres. Le passage de la rivière a été très impressionnant selon les passagers.

Ils arrivent au premier camp et sont accueillis par les enfants.

Les enfants montrent aux visiteurs leurs cahiers de classe où ils ont appris des textes.

Leila, une petite fille au sourire merveilleux a adopté Gabriel.

Les enfants tiennent à se présenter comme s’ils voulaient qu’on se souvienne d’eux, ou surtout qu’on ne les oublie pas.

Cette première visite montre combien les enfants sont heureux de voir qu’ils existent aux yeux des étrangers.

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour n°2, 11 juillet 2007

Interview d’un officier en chef au Haut Comité des Réfugiés des Nations Unies, Ann Mayman.Elle est en poste à N’Djamena.

Elle explique comment la situation sur place, au Tchad oriental se dégrade.

Elle dit que les mouvements des réfugiés a triplé depuis Novembre 2006.

Tant que la sécurité n’est pas assurée on n’incite pas les réfugiés à repartir dans leurs villages.

On dit parfois que les vidéos montrent des réfugiés sous un aspect très positif. A cela Ann Mayman répond que c’est tout de même assez normal que des réfugiés puissent sourire ou envisager un futur plus brillant, comment peut-on imaginer ne les voir que tristes et vivant dans des conditions déplorables.

Le Haut Comité aux réfugiés s’occupe du Darfour, mais, il y a bien d’autres endroits dans le monde où une situation semblable existe.

La présence du groupe dans un camp au Darfour est exceptionnelle, on ne peut pas laisser venir tout le monde dans les camps,ajoute Ann Mayman..

Posted by webmaster on July 17th, 2007

Jour n°1, 10 juillet 2007

L’équipe composée de Gabriel, Connie et Yuen-Lin est arrivée à N’Djamena.

Connie explique que venir au Tchad est pour elle un honneur.

Yuen-Lin se sent humble d’être là. Il espère que leur contribution permettra aux Darfouriens de rentrer chez eux.
Leur déplacement se fera dans une voiture avec un chauffeur et interprète, Ali.

Ils se déplaceront au Tchad oriental, et iront vers le nord à la fin de leur tournée.

La diplomatie n’a pas eu de résultats durant quatre ans, ils espèrent que leur contribution fera avancer les choses, un peu.